Chemise#09 : Storyboard de l’assemblage, 1/4

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Bonjour à toutes et tous,

 

Le storyboard est une représentation visuelle de ce que sera un spot télévisé ou cinéma sous la forme de différents croquis accompagnés éventuellement de bulles de dialogues et de notes concernant les plans et différents éléments d’accompagnement. Un storyboard ressemble un peu à une bande dessinée.

 

J’ai commencé il y a longtemps une série d’articles sur la chemise, que vous pouvez tous retrouver ici. La chemise est le vêtement que j’ai le plus piqué. J’en porte souvent, j’aime beaucoup travailler ce type de tissu, c’est un vêtement dont, je pense, on n’a jamais trop d’exemplaires. Du coup, c’est sur elle que je me sens le plus légitime et le plus à l’aise pour écrire un peu longuement.

Sauf que parler longuement et en détail d’un sujet n’est pas très facile. J’avais organisé ma série d’articles pour qu’elle soit logique, régulière, progressive, etc… mais je n’ai pas pu m’y soumettre longtemps car j’avais oublié l’essentiel : donner une vision d’ensemble ! J’ai commencé à le faire – mais à l’envers – avec mes quatre articles sur la déconstruction d’une chemise du commerce (Dissection d’une chemise). La série d’articles qui suit vise donc à donner une vue d’ensemble de l’assemblage d’une chemise… mais dans l’ordre !

 

Pourquoi un storyboard ?

Une fois que j’aurai fait cela, je pense qu’il me sera beaucoup plus facile de m’attarder sur une étape, ou de discuter sur une étape puisque les grandes lignes auront été tracées. Pour cela, j’ai pris un crayon, un carnet, ma tête et j’ai laissé ma pudeur de côté pour… dessiner ! je dessine assez mal, donc ne vous attendez pas à de l’art, mais j’ai tâché de représenter le plus essentiel à chaque fois, pour faire ce fameux storyboard, que je vais vous commenter au fur et à mesure.

Voici donc la manière dont je couds une chemise aujourd’hui. Je ne procédais pas ainsi il y a 2 ans, ne ferai sans doute pas pareil dans quelques mois. Les choses évoluent quand on prend connaissance de nouvelles techniques, qu’on les expérimente, qu’on les aime parce que le résultat est plus propre ou qu’il est obtenu plus rapidement : donc ne vous gênez pas, essayez vous aussi et dites-moi ce que vous en pensez !

 

 

Les Morceaux de la chemise.

 

Storyboard assemblage chemise morceaux

 

Storyboard assemblage chemise morceaux

 

Storyboard assemblage chemise morceaux

 

Je choisis – arbitrairement – une chemise avec

  • deux devants asymétriques, sans petit côté,
  • un dos sans pli central ou sur les côtés, coupé en un seul morceau (assez classique) avec des pinces pour galber le dos. J’ai de plus en plus tendance à ne pas faire les pinces pour profiter du beau drapé du tissu dans le dos, mais pour cette fois je fais avec elles.
  • un empiècement en une seule partie (il est possible de le couper en deux parties et de coudre le milieu dos)
  • un col entoilé avec des baleines de renfort, monté sur un pied de col entoilé lui aussi
  • des poignets rectangulaires entoilés
  • des manches en une pièce avec deux plis et des pattes de boutonnage en deux pièces

Cela fait déjà 25 morceaux à assembler !

Légende des croquis.

 

Storyboard assemblage chemise légende

Longueur des points.

Il semblerait que plus la chemise soit habillée, plus le point utilisé soit petit. On peut trouver des points de 1,5 mm. (ou peut-être moins ?) sur des chemises de costume, et des points de 2,0 ou plus sur des chemises hawaïennes.

David Coffin recommande de coudre toute la chemise avec la même longueur de point. C’est une opinion que je respecte, et elle permet en plus de ne jamais se tromper sur les réglages.

En décousant la chemise du commerce j’ai cependant remarqué trois longueurs différentes de points : le bâti machine, le point d’assemblage non visible et le point d’assemblage visible (surpiqûre). Ces trois longueurs correspondent à trois étapes différentes dans le processus industriel.

A vous de choisir donc !

Je trouve qu’on a beaucoup beaucoup d’occasions de se tromper quand on assemble une chemise, du coup je suis assez séduit par le fait d’assembler à grands points et de surpiquer seulement avec une faible longueur. C’est cette technique que je suis dans ce storyboard. Cela permet notamment de découdre vite, et pas de ruiner le tissu parce qu’il fat découdre 30 cm de point très serré.

Donc :

  • bâti machine : 3,0 ou 3,5 ou même 4,0 si vous voulez.
  • piqûre assemblage invisible une fois la pièce terminée : 2,5.
  • surpiqûre (qui peut aussi servir à assembler, nous le verrons), visible une fois la pièce terminée : 1,6 ou 1,8.

 

Distinction des devants.

  • Quand on coupe les devants, en réalité ils sont symétriques. Seule la taille des parementures qui serviront de patte de boutonnage et leur assemblage diffère.
  • Le devant gauche porte les boutonnières. Il sera au-dessus du devant droit (boutons). La patte fait 3 cm de large et est pliée deux fois. Le bord devant est à 1 ou 1,5 cm du milieu devant. Vérifier sur votre patron.
  • Le devant droit porte les boutons. La patte est plus étroite : 1,8 cm, deux fois. (FIG. A)
  • Une fois les pattes repliées : celle du devant droit (boutons) est surpiquée en place à 0,5 du milieu devant. Celle du devant gauche est bâtie à la main à 1,3 cm du milieu devant. (FIG. B)
  • Une fois la chemise terminée, cela permet que le devant gauche, sans couture, masque la couture du devant droit pour garantir un aspect lisse.
  • Raccords carreaux et rayures : ils se font au milieu devant.

 

storyboard assemblage chemise devants

Voici la première étape terminée. Si vous venez de débarquer à l’atelier parce que vous voulez coudre une chemise mais que vous ne savez pas très bien comment, je vous invite à lire les articles sur le matériel, sur le patron, et plus généralement les articles de la page : Chemise, mode d’emploi.

 

A bientôt !

A.

 

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